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Le magazine d’information L’Express publiait la semaine dernière les bonnes feuilles du livre « Florange, la tragédie de la gauche », de la journaliste de France 2 Valérie Astruc et de celle des Echos, Elsa Freyssenet.

Bien évidemment pour attirer le chaland, rien de mieux que quelques passages bien croustillants dont on sait assurément qu’ils feront le buzz. Jusque-là rien d’anormal.

 

 

Il n’est de secret pour personne, tout du moins dans la classe politique, qu’Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault ne sont pas les meilleurs amis du monde. D’un côté l’un est aussi énergique qu’une tortue et l’autre brasse tellement de vent qu’il pourrait faire fonctionner un champ d’éolienne à lui tout seul.

 

 

 

Florange c’est un peu la patate chaude qu’on se refile dans ce Gouvernement.

Beaucoup de ses politiques se sont empressés de larmoyer sur le sort de ces ouvriers mis sur le carreau, profitant au passage pour latter Nicolas Sarkozy et finir par quasiment les abandonner à leur propre sort. La déroute a été sévère pour le Gouvernement. Depuis, nous n’entendons d’ailleurs plus Arnaud Montebourg gesticuler et prendre son bâton de pèlerin pour aller porter secours à tous les ouvriers dont l’emploi est menacé par ces vilains patrons capitalistes à la botte du CAC 40, qui ne pensent qu’à faire des profits honteux sur le dos des travailleurs.

 

 

Une scène se déroule le 28 novembre à Matignon, lors d'une réunion consacrée aux négociations avec l'industriel ArcelorMittal. Arnaud Montebourg n’est pas d’accord avec Jean-Marc Ayrault et le lui fait savoir :

- Je te rappelle que c'est le président qui est monté sur la camionnette [pendant la campagne électorale], si on continue comme ça, on va tous finir en string panthère dans les jardins de l'Elysée, tous !

- Et ce sera la prochaine une de magazine

Une réponse en référence à la marinière que portait le Ministre du Redressement Productif en une du Parisien Magazine ? Peut-être…

 

 

 

Une autre scène se déroule quelques jours plus tard, à l’Elysée. Montebourg menace Hollande de démissionner :

- C'est bien simple, tu as nommé un élu local à la tête du gouvernement.

- C'est quand même le Premier ministre !

- Ah oui, le Premier ministre ? C'est l'aviation qui mitraille ses fantassins !

 

 

S’en suit le couac sur la nationalisation durant lequel la crédibilité du chantre de la démondialisation est gravement mise à mal. Dans un échange téléphonique avec le Premier Ministre, il lui dit notamment :

- T'envoies l'aviation mitrailler tes troupes, c'est ça ? (...) Et après ça, tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout ! Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes !

Ce à quoi il lui est répondu, de manière glaciale dit-on :

- Désolé Arnaud, il n'a jamais été question de nationaliser

 

 

 

Voilà qui est dit.

 

 

 

Là où j’ai le sentiment que ce livre pourrait servir les intérêts du Premier Ministre, et donc de son Gouvernement, c’est lorsque j’apprends que le Ministre du Travail Michel Sapin déclare, alors qu’on l’interroge sur l’altercation entre les deux hommes :

- Il ne parlait pas publiquement. Et qu’est-ce que cela traduit ? Un moment d’énervement de la part de Monsieur Montebourg. Qui a fait preuve d’énervement ?  L’un ou l’autre ? Qui a gardé son calme ? L’un ou l’autre ? Qui est celui qui a voulu qu’au-delà de l’énervement du moment, l’ensemble de l’équipe gouvernementale retravaille dans de bonnes conditions ? C’est le Premier ministre et il eu raison. (…) L’autorité n’est pas de dire "tu sors"à chaque fois que quelqu’un perd ses nerfs. C’est de ramener chacun au principal. Le principal c’est l’action gouvernementale et l’action en commun, avec des personnalités heureusement différentes.

 

 

Bel exercice de répartie de la part de cet ami indéfectible de François Hollande mais aussi et surtout, bel exemple de langue de bois gouvernementale !

 

 

Je ne vois pour ma part dans ces échanges entre les deux hommes, qu’une attitude condescendante d’un Premier Ministre qui se sait attaqué et en position de faiblesse. Rien à voir avec l’image du demi-Dieu que veut nous servir Michel Sapin qui, une fois de plus, est resté fidèle à l’image que j’ai de lui, celle d’un personnage hautain, méprisant, fidèle parmi les fidèles. L’ironie aura été pour lui une habile pirouette lui permettant d’éviter de répondre sur le fait que dans le fond, François Hollande s’est littéralement fait marcher sur les pieds par le géant indien de l’acier !

 

http://www.lexpress.fr/medias/1739/890513.jpg

Source image et propos: L'Express.fr

Source propos Michel Sapin: LeLabEurope1.fr

Tag(s) : #Les Hollanderies

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