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La France sort à peine d’un week-end électoral compliqué et voilà qu’elle doit faire face à une déferlante de réactions tantôt indignées ou tantôt accusatrices de sa classe politique. Gauche et droite se renvoient la balle ; l’un reprochant à l’autre d’avoir fait le lit du Front National et d’avoir favorisé sa percée à la cantonale partielle de Brignoles.

 

 

Passons sur le faible taux de participation à cette élection et sa récurrence qui est également un facteur ayant conduit à une certaine forme de lassitude des électeurs pour ce scrutin.

 

 

Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault s’est, comme il est de coutume en pareille circonstance, exprimé sur le sujet :

« Je rappelle que Brignoles n’est pas la France. Il serait trop hâtif de se lancer dans ce genre de commentaires. Malheureusement, je l’ai entendu et lu. Je vous rappelle que dans ce canton, François Hollande est arrivé troisième au premier tour de l’élection présidentielle avec environ 20% des voix. Donc ce n’est pas la France. »

 

Avant de rajouter concernant l’UMP :

« Ils n’ont pas levé le petit doigt pour défendre leur candidate. Il ne faut pas qu’ils s’étonnent que les électeurs les fuient pour aller directement vers ce parti. »

 

 

Etrange analyse politique d’un homme qui est pourtant censé assumer le rôle du 2ème personnage de l’Etat ! Analyse encore plus incompréhensible lorsque l’on sait que ce 2nd tour d’une cantonale partielle opposait un candidat de la droite à un candidat de l’extrême droite ; la gauche ayant été éliminée dès le 1er tour. Autre fait d’importance, le report des voix de la gauche, cumulé à une augmentation du taux de participation, a mathématiquement favorisé l’élection du candidat du Front National.

 

Difficile d’accuser la droite de ne pas soutenir son candidat lorsque ceux qui sont éliminés dès le 1er tour et qui appartiennent à la majorité, ne suivent pas les consignes de vote !

 

Jean-Marc-Ayrault-FN.jpg

 

Par ailleurs, Brignoles ne serait pas la France pour des raisons à priori plutôt obscures.

En effet, d’après le Premier Ministre, le résultat de cette cantonale partielle serait indépendant de toute politique nationale. En revanche, la responsabilité de l’issue de ce scrutin en incomberait aux représentants nationaux d’une force politique de droite.

N’y-a-t-il pas là une contradiction ?

 

 

Bon nombre d’éléments laissent à penser que l’actuelle majorité n’a pas d’autre alternative que celle de rendre responsable l’ancienne majorité de la poussée du F.N. En ce point elle n’a pas complètement tort mais pas non plus totalement raison. Le choix d’un candidat plutôt qu’un autre par des électeurs non encartés politiquement se fait en général, au plus tôt, trois mois avant le scrutin ; ce qui dans le cas de Brignoles nous ramène au 14ème mois ayant suivi l’élection de François Hollande et la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon.

 

 

Difficile de croire qu’après 14 mois de hausses d’impôts, de lois Taubira, de couacs et de statistiques et perspectives économiques désastreuses, les habitants de Brignoles se soient décidés à voter F.N uniquement parce que la droite les y aurait poussés 2 ans plus tôt !

 

 

Pour le Gouvernement, avouer qu’il est, ne serait-ce que partiellement, responsable de cette percée historique du F.N, aussi bien dans les urnes que dans les sondages, reviendrait à avouer que sa politique est un échec, sanctionnée dans les urnes par les français.

 

 

Aucun politique à ce niveau de fonction n’oserait l’avouer ; de fait il ne lui reste plus que les pirouettes scabreuses et autres argumentations farfelues à porter aux oreilles des militants à quelques mois d’échéances électorales importantes, un peu comme pour préparer une opinion à une fatalité désormais devenue inévitable.

 

Source image: FranceInfo

 

 

 

Retrouvez également cet édito en ligne ce matin sur le site d'informations MEDIAVOX.

Tag(s) : #Citations et reprises médias

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