Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Dans le genre coup d’épée dans l’eau, le texte voté hier par la majorité et tristement surnommé « Loi Florange », pourrait en être la parfaite définition.

 

 

Initialement présenté comme très ambitieux, ce texte n’a jamais déchaîné les passions au Sénat, qui pourtant est de majoritairement gauche, puisqu’il n’y a jamais été voté. Après moultes rediscutions et modifications, c’est une version allégée qui a été votée hier à l’Assemblée Nationale mais qui sur le fond, n’empêchera certainement pas qu’un nouveau cas Florange, Michelin ou Good-Years se reproduise.

 

 

D’après France Info, ce texte dit que :

« Les dirigeants d'entreprises de plus de 1.000 salariés qui souhaitent fermer un de leurs sites auront l'obligation de chercher un repreneur. Les salariés pourront eux-mêmes déposer une offre de reprise – une offre publique d'achat, OPA – de l'entreprise.

[…]

Le comité d'entreprise ou les salariés pourront saisir les tribunaux s'ils estiment que la recherche d'un repreneur n'a pas été conduite, ou que l'employeur n'a pas accepté une offre qu'ils considèrent sérieuse. »

 

 

Autrement dit, absolument rien n’empêche un entrepreneur de fermer un site s’il le souhaite et tout ça sans en être inquiété. Pour ce faire, il a simplement besoin de donner l’impression de rechercher un repreneur. Absolument rien ne cadre les conditions à remplir et qui attestent que le vendeur est bien en quête d’un repreneur. Que du subjectif laissé à l’appréciation de celui qui aura à en juger.

 

 

Un autre moyen pour un entrepreneur de fermer un site rentable sans en être inquiété ? Faire baisser la masse salariale à moins de 1 000 salariés. Et là la « Loi Florange » ne sert plus à rien…

 

 

Quant au rachat d’entreprise par les salariés, ça n’est pas nouveau et jusque preuve du contraire, cette solution n’est pas viable sur le long terme.

 

 

Notez également que ce texte ne s’applique qu’aux sites de plus de 1 000 salariés et que d’après les derniers chiffres de l’INSEE, il y avait en 2012, 3 596 580 entreprises en France.

Environ 1 900 d’entre elles comptent 1 000 salariés ou plus, ce qui représente à peu de choses près l'équivalent de 0,05% du nombre total d’entreprises implantées sur notre territoire.
Notez également que le texte parle de « sites de plus de 1 000 salariés » et non pas « d’entreprises de plus de 1 000 salariés ».

Combien y a-t-il de sites de 1 000 salariés ou plus en France ? Sans doute beaucoup moins que ces 1 900 entreprises de 1 000 salariés ou plus !

Comprenez simplement que ce texte est un texte populiste de gauche écrit pour satisfaire aux revendications des syndicats plutôt à gauche, avec comme autre vocation, celle de conforter un électorat de gauche dans ses revendications contre les vilains patrons.

Sauf que dans la réalité, il y a une multitude de possibilités qui permettent de contourner ce fameux texte qui ne s'applique en réalité qu'à un nombre infime, pour ne pas dire insignifiant, d'entreprises implantées sur notre territoire...

 

 

Pour les sceptiques, rendez-vous en 2017 pour en faire le bilan.

 

Francois-Hollande-Florange.jpgSource image: LeFigaro.fr

Tag(s) : #Ce que j'en pense...

Partager cet article

Repost 0