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Que la journée d’hier a semblé difficile pour le Ministre de l’Intérieur et que celle à venir s’annonce toute aussi compliquée… Pas facile pour lui d’échapper à la polémique après les violents incidents de lundi dernier survenus aux abords du Trocadéro et qui se sont ensuite propagés jusqu’aux Champs Elysées.

 

 

Pendant que les employés de la ville de Paris s’affairaient hier matin à ramasser les débris laissés par les casseurs, les français découvraient l’ampleur de la catastrophe. Les témoignages de résidents des zones saccagées parlent et tous leurs discours se rejoignent. Une vérité bien différente de celle assénée par le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, resté étrangement silencieux tout du long durant de cette fameuse soirée…

 

 

Dans un communiqué, l’homme aurait parlé d’une bousculade.

Avec 32 blessés et une trentaine d’interpellations (chiffres officiels mais pas officieux), comment peut-on parler d’une simple bousculade ? Jets de projectiles, pillages, vitrines brisées, agressions physiques, affrontements, deux roues renversés, véhicules incendiés et j’en passe. Que faut-il au Ministre de l’Intérieur pour qu’il parle de cet évènement en utilisant les qualificatifs appropriés ?

 

 

Combien de temps encore ces enfumages récurrents de nos inaptocrates vont-ils continuer de galvauder le sens même du mot vérité ?

 

 

J’écoutais hier matin Europe 1 dont l’un des intervenants affirmait que deux syndicats de police estimaient que les moyens mis en œuvre pour encadrer correctement l’évènement afin d’éviter tout débordement ont été largement sous-estimés.

Dans une opération comme celle-ci, c’est au mieux la Préfecture de Police, la Ville de Paris et le Club de foot qui se réunissent et s’organisent pour assurer au mieux la sécurité des participants et des riverains. Le PSG n’est pas né d’hier et les incidents en lien direct ou indirect avec le club ne sont pas rares. Des antécédents, il y en a à la pelle.

 

 

Pour autant, le Ministère de l’Intérieur pouvait-il réellement anticiper ce qui allait se passer ?

Difficile de penser l’inverse sachant que des incidents avaient déjà eu lieu dimanche dernier sur les Champs Elysées et que n’importe quel abruti aurait pu vous dire qu’il y avait de grands risques pour que cela dérape à nouveau lundi soir ! Les rassemblements de foules à Paris c’est systématiquement le bordel et ça se finit à chaque fois en vols, agressions, violences et affrontements avec les forces de l’ordre : aussi bien au nouvel an, qu’à la fête de la Musique, qu’à la Nuit Blanche et j’en passe !

 

 

Le potentiel de radicalité des supporters de foot est mondialement connu. Sauf chez nous en France. A chaque match ou à chaque voictoire fêtée on redécouvre l’éventualité qu’il puisse surgir ici ou là quelques débordements.

 

 

Mais les supporters sont-ils les seuls ou au moins les principaux responsables ?

Non.

Mardi, dès les premières lueurs du jour, des coupables type ont été désignés : d’après le Ministère de l’Intérieur, ils seraient liés à des groupuscules d’extrême droite. J’ai personnellement un peu de mal à avaler cette version des choses. En regardant les photos et vidéos prisent sur les lieux des incidents et en ayant moi-même approché ces groupes, je n’ai pas souvenir d’avoir vu des crânes rasés et des mecs tatoués… J’y ai vu des jeunes gens de tous horizons, pas forcément majeurs et comme le disait si bien le serveur d’un bar sur les Champs-Elysées dont le témoignage fut diffusé hier par Europe 1, bon nombre de casseurs et de pilleurs « sont des banlieusards », comme lui…

J’ai beaucoup de mal à concevoir l’idée que des fachos puissent vivre et se réveiller tous les matins aux côtés de familles issues de l’immigration et de leurs descendants, qui constituent majoritairement les groupes de populations auxquels faisait allusion le serveur interrogé par la radio… Ce qui discrédite totalement les thèses du Ministère !

 

 

D’après des syndicats de policiers, la Préfecture de Paris aurait été prévenue des risques de débordement mais aurait fait la sourde oreille… Ce qu’elle dément bien évidemment… Logique quand on sait que le Préfet de Paris n’est autre Bernard Boucault, nommé à ce poste par François Hollande et ancien directeur de l'ENA de 2007 à 2012, mais aussi ancien collaborateur dans différents cabinets ministériels socialistes au début des années 1980 !

 

 

En novembre dernier déjà en marge du match de Ligue des Champions PSG-Zagreb, de graves débordements avaient eu lieu. Il semble très difficile à la gauche de tirer les leçons des erreurs passées.

 

 

Le Ministre de l’Intérieur assure que les images de vidéo-protection permettront de retrouver les auteurs des faits. Pratique la vidéo-protection, surtout quand on a passé 5 ans à s’opposer à sa mise en place. Puis bon… Ils auront quoi les responsables de ces faits ? La même chose que ceux qui ont été jugés suite à l’affaire du RER D ? Autant dire tout de suite… Rien !

 

 

Manuel Valls doit-il réellement démissionner ?
Oui, assurément oui. La sécurité des parisiens et des touristes n’est plus assurée dans la ville depuis de nombreux mois. Le Ministre de l’Intérieur n’a de cesse de dire que grâce à lui et ses joyeux camarades tout va bien désormais en France alors qu’une excessive majorité des français pensent, ressentent et vivent l’exact inverse ! Qui se trompe ? Celui qui se fait servir et entretenir dans son Ministère doré ou celui qui est au contact tous les jours avec la réalité du terrain parce que c’est là qu’il vit ?

 

 

Si Manuel Valls remet sa démission au Président de la République, que va-t-il se passer, sachant que celui-ci pourra la refuser ou l’accepter…

 

 

Si François Hollande accepte de se séparer de son seul Ministre populaire, il reconnait qu’il a fait une erreur de casting. Au passage, il reconnaît également indirectement que l’homme a passé des mois à nous raconter des histoires ! L’affaire Cahuzac a déjà fait beaucoup de mal à la crédibilité du Gouvernement ; il ne faudrait pas qu’à cette crise de confiance et ce climat de méfiance que les politiques entretiennent d’eux-mêmes à leur propre égard vienne encore une fois se rajouter ce sentiment du tous pourris.

Pris à la gorge, François Hollande ne peux pas démissionner Manuel Valls.

 

 

Si le Ministre de l’Intérieur présente sa démission au Président de la République, celui-ci peut la refuser. S’il la refuse, cela peut vouloir dire qu’il approuve les décisions, choix et orientations de son Ministre de l’Intérieur et qu’il devient donc responsable et complice des ratés dans l’organisation de la sécurité autour de l’évènement de lundi dernier.

 

 

D’un côté comme de l’autre, si Manuel Valls démissionne, ou pas, c’est la crédibilité de François Hollande qui en fera les frais. Alors que le Président de la République pensait sans doute pouvoir freiner la chute continue de sa côte de popularité en annonçant un remaniement, voilà que la délinquance revient jouer le trouble-fête à gauche…

 

Affrontements-trocadero-paris-PSG.jpg

Source image: LeParisien.fr

Tag(s) : #Les Ministreries

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