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Voilà maintenant près de 10 mois que le Président de la République François Hollande a été élu par les français, qui au passage lui ont également accordé la majorité à l’Assemblée Nationale.

 

 

Les Départements sont de gauche, les Régions sont de gauche, l’Assemblée Nationale est de gauche, le Sénat est de Gauche et même l’Elysée est de gauche. Malgré ça, rien n’y fait, rien ne bouge, rien n’avance.

 

 

Difficile en effet pour le PS de composer avec son allié opportuno-électoraliste et ennemi politique de gauche, le FDG, qui dès qu’il le peut en profite pour lui glisser des bâtons dans les roues. De fait, il est très rare qu’un texte signé du PS ou d’EELV puisse passer l’étape du Sénat. Occasionnellement lorsque cela se produit, le texte peine à franchir l’étape du Conseil Constitutionnel.

 

 

Rien à faire : quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…

Puis plutôt que de revoir sa copie et admettre qu’il a fait une erreur, l’exécutif préfère salir l’image des institutions en leur reprochant d’être à la botte de l’opposition. Exercice traditionnel de mauvaise foi qui, je l’espère, ne trompe désormais définitivement plus les français.

Les ratés on les assume, ou on ne les assume pas ; c'est comme ça qu'on définit le courage.

 

Mais le problème provient-il réellement des institutions telles qu’elles existent et fonctionnent depuis des décennies ? Non, assurément non.

On ne peut décemment pas leur reprocher de préserver l’intérêt des français des répercutions nocives que pourrait avoir sur eux l’entrée en application de certains textes motivés bien souvent par de simples dogmes idéologiques ou par de simples considérations clientélistes.

 

 

 

Curieusement lorsque François Hollande était le Chef de l’opposition, comme ici le 8 juin 2005, il s’insurgeait contre le recours de la droite aux ordonnances. Je cite :

« J'en arrive à la méthode. Force est de constater qu'au-delà du groupe que je représente aujourd'hui, la méthode est détestable pour le Parlement. Sur les questions essentielles de l'emploi et de la lutte contre le chômage, vous annoncez que vous allez recourir à la procédure des ordonnances, c'est-à-dire au dessaisissement du Parlement, renoncer à la confrontation démocratique et au débat serein. Mais votre propre majorité devrait s'insurger contre une telle façon de faire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste - Protestations sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)

Mais le Parlement n'est pas le seul à être floué. L'est aussi l'ensemble des partenaires sociaux, qui apprennent aujourd'hui qu'il n'y aura ni dialogue, ni concertation. Ce seront les ordonnances, et elles seules, qui feront la politique de l'emploi. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.) »

 

 

Et ainsi de suite François Hollande chef de l’opposition socialiste allait pleurer là où on voulait bien l’écouter, Le Monde, Libération, toujours en répétant inlassablement les mêmes choses : le gouvernement sort du cadre démocratique, veut décider tout seul, a peur du Parlement et j’en passe…

Ce qu’il ne semblait pas admettre, c’était la méthode.

Et aujourd’hui qu’en est-il ?

Si Dominique De Villepin agissait effectivement pour les raisons invoquées par François Hollande chef de l’opposition, qu’en est-il des motivations de François Hollande Président de la République à agir maintenant exactement comme l’avait fait l’ancien Premier Ministre ?

 

 

 

Comment cela se fait-il qu’à peine 10 mois après son élection, François Hollande se sente obligé de passer en force ? Qu’est-ce qui explique cette soudaine précipitation ? Trouve-t-il que les choses ne vont pas assez vite ?

Pourtant qui est-ce qui a créé des commissions à la pelle où ont été placés des ex et des potes et qui prennent des mois avant de pondre un rapport qui finit par prendre la poussière, rangés en haut d’une étagère sans avoir été préalablement lus ?

L’exécutif est le seul responsable de son inertie et de sa lenteur ; commission par ci, commission par là…. Se contenter de contenter les autres ne fera jamais avancer un pays !

 

 

 

Un texte prend 3 à 4 mois à être mis en place, entre sa présentation en Conseil des Ministres et son vote au Sénat. Combien de textes corrects auraient déjà pu voir le jour en 10 mois de présidence socialiste ?

 

 

 

Il aura malheureusement fallu attendre des sondages en berne et une côte de popularité historiquement basse pour que le Président de la République réalise enfin qu’il est grand temps de mettre en œuvre le changement qu’il avait promis aux français.

 

Ceci dit, ne vous laissez pas berner.

Les ordonnances prévues ne permettront en rien d’inverser la courbe du chômage et de relancer durablement la croissance.

On voudrait vous faire croire que François Hollande est un homme courageux qui a pris la pleine mesure de l’urgence à laquelle il doit faire face qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

 

Etre un Président normal en période de crise est insuffisant. Ne pas l’avoir compris avant c’est avoir fait preuve d’une très grande insuffisance.

 

Francoi-Hollande-ordonnances-PS-2005.jpg

Source image: FranceTVInfo.fr

 

 

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Tag(s) : #Les Hollanderies

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