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Mardi 14 août 2012 2 14 /08 /Août /2012 07:00
- Publié dans : Ce que j'en pense...

Avec le lancement de pas moins de cinq commissions en à peine trois semaines, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui agit sous l'impulsion du Chef de l'Etat, semble être devenu le champion en la matière!

Rappelons-nous un instant que sous Nicolas Sarkozy il y avait un rythme d'une nouvelle commission toutes les 8 à 9 semaines.

En résumé, en à peine 3 semaines François Hollande a réussi à mettre en place autant de commissions que Nicolas Sarkozy  en avait crées en tout juste un peu moins d'un an!

 

 

Alors certes, François Hollande, dont le seul moteur de la victoire aura été son anti-Sarkozisme, a prétexté vouloir "Répondre à l'urgence". Pourtant, je ne vois pas en quoi les commissions énumérées suivantes sont primordiales à l'amélioration rapide du quotidien des français:

  • 4 juillet : Lancement de la concertation pour la refondation de l’école de la République
  • 9-10 juillet : Grande conférence sociale
  • 18 juillet : Lancement de la mission de Pierre Lescure sur l’acte II de l’exception culturelle
  • 25 juillet : Première réunion de la Commission sur la rénovation de la vie politique
  • 26 juillet : Installation de la Commission du Livre Blanc de la défense et de la sécurité nationale, qui terminera ses travaux à la fin de l’année 2012.

 

 

Cette liste fait bien évidemment abstraction des autres diverses nominations faites par le Président de la République ou par son Premier Ministre. Je pense notamment à Elisabeth Guigou à l'Assemblée Nationale ou encore à Henri Emmanuelli à la Caisse des Dépôts. (cf mon billet de demain matin)

 

 

Personnellement, je pense que le trop de commissions tue la crédibilité et la valeur morale de ces mêmes commissions!

 

 

Penchons-nous maintenant sur le slogan de campagne de François Hollande: "Le changement c'est maintenant".

 

 

Difficile de parler de changement et d'espérer en voir les premiers signes assez rapidement quand on installe des commissions dont le rôle ne sera que peu significatif, voir plutôt symbolique et dont les premiers résultats ne sont attendus au mieux qu'un peu avant la fin de l'année prochaine...

 

 

Au Parti Socialiste, ou plus généralement à gauche, on est champion des missions, commissions et j'en passe qui débouchent bien souvent sur rien ou pas grand chose, mais qui permettent de placer des camarades, des adversaires que l'on a envie de faire taire, un membre de la famille ou que sais-je encore, rémunérés gracieusement pour un travail qui va finalement s'avérer quasi inutile.

Inutile pour François Hollande en tous cas, comme le précise le politologue Laurent Dubois à L'Express.fr:

"Les commissions traduisent un manque d'innovation, d'imagination et d'audace qui pourrait causer du tort au chef de l'Etat. [...] Pour François Hollande, la mise en place d'une commission représente un vrai risque en terme de crédibilité, car, en multipliant ces instances consultatives, le président socialiste nourrit ce "style Hollande", jugé trop timoré, trop consensuel."

 

Vous me direz qu'il en était de même pour Nicolas Sarkozy?

Non...

Toujours d'après ce même politologue, cité par L'Express.fr:

"Si la multiplication de commissions représente un risque pour Hollande, chez Sarkozy, à l'origine d'une bonne trentaine durant son mandat, elles se sont plutôt révélées bénéfiques. [...] Le procédé a eu un aspect positif sur l'image de l'ancien président dans le sens où il canalisait "son tempérament bonapartiste, son image d'hyper-président. Avec les commissions, il montrait qu'il était à l'écoute, capable de concertation."

(l'intégralité des propos disponible sur ce lien)

 

 

Mais l'attitude du Chef de l'Etat est-elle à la hauteur des enjeux auxquels est confrontée la France?

Non...

Irréfutablement, non!

 

 

François Hollande usait de la même approche des problèmatiques lorsqu'il était le Premier Secrétaire du Parti Socialiste (1997 à 2008) en faisant du dialogue et du compromis son mode de gouvernance. Le parti a fini par s'en retrouver divisé comme jamais et l'exemple des débats houleux du Congrès de Reims, sont un parfait exemple de l'absurdité de sa méthode!

Le parti n'ayant jamais eu pendant 11 ans de ligne directrice claire et affirmée, cela rendait la division et le clanisme plus que problèmatique au moment où François Hollande fut sur le point de quitter son poste en 2008 pour aller se préparer à la bataille des primaires socialistes.

 

 

Georges Clémenceau disait en son temps:

"Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission!"

 

 

Le Général de Gaulle portait également en 1963 un jugement assez sévère sur les commissions, dont pour lui l'essentiel était que:

"ce n'est pas ce que pensent le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, mais ce qui est utile au peuple français"

 

 

Quand à Steve Jobs, un génie du 21 ème siècle qui a fait triompher Pixar et Apple et n'a absolument rien à envier à François Hollande, il disait:

"Les dirigeants polis et doucereux, qui évitent de vexer les gens, ne sont généralement pas doués pour imposer de grands changements."

 

Francois-Hollande-commissions-missions-PS-utilite-role-b.jpg

Source image: JDD.fr

 

Source citations Clémenceau et De Gaulle: LeMonde.fr

Source citation Steve Jobs: biographie intitulée "Steve Jobs", écrite par Walter Isaacson, publiée aux éditions Broché, page 634

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