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Valérie Létard, secrétaire d'État chargée des Technologies vertes et Christophe de Margerie, président du groupe pétrolier Total ont inauguré le lundi 10 janvier 2010 le premier site de captage e
de stockage français de gaz carbonique provenant de chaudières utilisées pour la production et le traitement du gaz naturel extrait du bassin de Lacq (Pyrénées-Atlantiques).
Projet ambitieux et au stade expérimental, d'une durée de 2 ans, prévoyant l'enfouissement de près de 120 000 tonnes de CO2 à 4 500 m de profondeur (équivalent aux rejets de
40 000 voitures sur la même période). Le coût de l'opération se monte à environ 60 millions d'€uros.
Par le biais de divers procédés physiques successifs, le CO2 sera compressé et renvoyé à 4 500 m de profondeur "sous une couche d'argile et de marne, âgée de + de 35 millions d'années et ayant
résisté à la formation des Pyréenées", selon certains représentants de Total.
L'enfouissement se fera à l'ancien gizement gazier de Rousse, situé à 27 km de l'usine de Lacq et aujourd'hui épuisé. Ce lieu était exploité du début des années 1950 jusqu'à la fin des
années 1970.
A l'époque, ce n'était pas moins qu'un réservoir de gaz de 240 milliards de mètres cubes qui permettait de couvrir une grande partie des besoins de la France métropolitaine.
Le CO2 est le second gaz (après la vapeur d'eau), à être responsable de l'effet de serre.
La production actuelle d'énergie représente 1/4 des émissions de ce G.E.S.
Le radical changement de nos modes de consommation énergétique (des énergies fossiles vers les énergies renouvelables) serait lourd, contraignants et coûteux.
Cette solution apparait alors comme étant une alternative transitoire plausible.
Ce projet pilote est mené en collaboration entre Total et Air Liquide, qui le présentent comme "expériemental" et qui n'est pas sans provoquer l'indignation des associations écologistes.
En effet, d'après Marie-Laure Lambert, de l'ONG "France Nature Environnement ": "[...] on ne sait rien des risques à long terme du stockage sous terre."
Parallèlement à cette contestation, certains vignerons dont les parcelles sont situés en surface de la zone d'enfouissement ont déposés un recours auprès du tribunal administratif de Pau contre
l'arrêté préfectoral du 13 mai 2009 autorisant l'expérimentation.
Le captage et le stockage semblent néanmoins pour Christophe de Margerie être un investissement d'avenir: «Il faut démultiplier ces pilotes au niveau français et européen [...] parce que les
problèmes à régler en matière technique restent considérables [...] afin qu'ils puissent être développés ultérieurement à un coût acceptable».
La Ministre Valérie Létard estime pour sa part qu'il s'agit là de futurs emplois verts, et de rappeler également que le captage et le stockage du CO2 «font partie des dix-huit filières
prioritaires identifiées par le Commissariat général au développement durable».
D'autres projet du même genre sont actuellement en cours d'exploitation par le français Alsthom aux Etats Unis, dans l'Etat de Virginie.
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