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Offre d’emploi

« Etat français recherche pour quelques postes prestigieux n’étant pas encore pourvus par un proche du pouvoir, toute personne de préférence proche du PS ou d’un membre du Gouvernement. Envoyez vos C.V. Incompétence acceptée et aucun prérequis nécessaire pour postuler à cette offre. Ex et/ou mère de famille acceptée. Cumul avec d’autres fonctions actuellement en cours possible. »

 

Voilà comment, dans les grandes lignes, les postes semblent être gérés en haut lieu par l’Etat français depuis l’arrivée des socialistes en mai dernier.

Il est une nouvelle qui a littéralement fait l’effet d’une bombe hier matin et à côté de laquelle personne n’a pu passer : Ségolène Royal sera proposée aujourd’hui en Conseil d’Administration pour devenir, comme Jean-Paul Huchon, Vice-Présidente de la BPI.

 

 

 

La BPI c’est quoi ?

Dotée d’un budget de 42 milliards €, la Banque Publique d’Investissement n’est dans le principe qu’une simple fusion d’Oséo, de CDC entreprises et du Fonds Stratégique d’Investissement ; il ne s’agit donc en rien d’un nouvel établissement financier puisqu’indirectement il existe déjà mais sous une autre forme. On cherche simplement à faire du neuf avec du vieux.

Son Président, Jean-Pierre Jouyet, a été nommé en octobre dernier.

Détenue à parts égales par l’Etat et la Caisse des Dépôts, elle aura en charge la gestion d’un certain nombre de fonds régionaux visant à favoriser le développement des PME et permettra aux Régions de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France, dixit Wikipedia.

Collaboreront également au projet en tant que Vice-Président(e), la Présidente de Région Poitou Charente, Ségolène Royal et le Président de Région Ile De France, Jean-Paul Huchon.

Dans ce conditions, on ne peut bien évidemment pas exclure le fait qu’il puisse émerger des soupçons de chantage politique, de favoritisme, de clientélisme ou que naissent tout simplement des conflits d’intérêts, notamment du fait que 21 des 22 régions françaises sont aux mains du PS et de la gauche.

Il est par ailleurs difficile aujourd’hui de créer un nouvel organisme qui puisse autant être verrouillé par les socialistes que celui-ci.

La BPI semble n’être en réalité qu’un moyen légal pour l’Etat socialiste français d’avoir la main mise sur des entreprises du privé.

 

 

 

 

Jean-Pierre Jouyet

Ancien de la promotion Voltaire de l’ENA en 1980, tout comme Ségolène Royal, François Hollande et le ministre Michel Sapin, il est depuis le mois de juillet dernier Directeur Général de la Caisse des Dépôts et de Consignation.

Au travers de sa carrière il aura notamment travaillé de 1997 à 2000 aux côtés de l’ancien Premier Ministre et ami de François Hollande Lionel Jospin, avant de passer Directeur du Trésor jusqu’en 2004. Parallèlement à toutes ces fonctions, il Préside également le Conseil d’Administration de l’Institut Pasteur ainsi que la BPI.

Nul doute qu’avec autant de responsabilités il sera on ne peut plus disponible pour exercer pleinement son rôle de Président de la banque publique d’investissement.

 

 

 

Ségolène Royal

Ex-femme de François Hollande, elle gesticule comme elle peut pour montrer qu’elle existe encore politiquement, surtout depuis sa défaite aux législatives de juin dernier. Elle désire avoir elle aussi avoir un poste et ne s’en cache pas.

Jean-Pierre Jouyet justifie le choix d’une Vice-présidence de la BPI assurée par Ségolène Royal au titre de la parité. J’aurai personnellement préféré une parité politique gauche/droite plutôt qu’une simple considération sexiste, compte tenu des risques de dérives auxquels est exposé cet organisme.

Comme elle le dit elle-même, Ségolène Royal ne sera pas rémunérée pour ce poste mais reste très discrète sur les avantages liés à la fonction. Indirectement elle ne percevra effectivement pas de salaire aujourd’hui mais son expérience à la BPI lui permettra de prétendre à un salaire plus élevé le jour où elle changera de travail.

L’argument du «0 salaire » est une méthode sournoise qui permet d’éviter une polémique supplémentaire.

Je serai prêt à parier que la Vice-Présidence de la BPI est un cadeau qu'on lui aurait fait pour qu'elle ait,elle aussi, son os à ronger et qu'elle se taise. J'ai du mal à comprendre comment on peut accepter de travailler gratuitement quand on sait qu'on aura au quotidien 42 milliards € à gérer! 

J'ai un peu de mal avec la notion de dévotion; surtout lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui fait tout pour revenir sur le devant de la scène politique! Quel intérêt y a t-il à ce qu'il y ait 2 Vices-Présidents?

 

 

 

Jean-Paul Huchon

Ancien de l’ENA, il est actuellement à la tête de la Région IDF.

De ce fait, j’aimerai comprendre comment ce sulfureux membre du PS qui est à la fois Président de Région Ile De France, Président du Syndicat des Transports d’Ile de France, membre du Conseil d’Administration de l’ESPCI Paris Tech et Conseiller Municipal de Conflans Sainte-Honorine, réussira à se dégager du temps pour assumer la responsabilité d’un poste où tout est à créer, au sein d’un organisme qui a en gestion un budget de 42 milliards €.

Je suis surpris que François Hollande qui disait encore il y a un an « Je n’aurai pas autour de moi à l’Élysée des personnes jugées et condamnées. » ne s’offusque pas de la nomination d’un type qui a été jugé dans une affaire de prise illégale d’intérêt et condamné à 6 mois de prison avec sursis pendant l’exercice de ses fonctions. J’ai par ailleurs du mal à croire qu’un organisme d’Etat gérant des deniers publics puisse fonctionner totalement indépendamment des interventions du Chef de l’Etat…

Aucune indication par contre le concernant sur une éventuelle rémunération.

 

 

 

Ce qui me choque

En plein débat sur le non-cumul des mandats appliqué aux élus, je suis surpris que l’on attribue de nouveaux titres à des personnes qui exercent déjà actuellement d’autres fonctions.

 

La BPI est certes la fusion de plusieurs organismes existants, mais il n’en reste pas moins que tout est à créer et cela demande du temps, de la disponibilité et de l’investissement. J’ai du mal à comprendre comment des personnes comme Jouyet et Huchon pourront être à la hauteur de la fonction qu’ils auront à assumer au vu de la charge de travail supplémentaire qui les attend !

 

Je suis également surpris qu’aucun ténor du PS ne s’insurge contre ces nominations comme ils avaient été nombreux à le faire avec l’affaire de l’EPAD.

Le fils de l’ancien Président de la République nommé à la tête d’un établissement chargé des études préliminaires d'urbanisme et des études de faisabilités techniques de différentes opérations à la Défense ça choque, mais l’ex-femme et la mère de 4 enfants d’un Président Socialiste nommée vice-présidente d’un établissement financier qui aura en gestion 42 milliards €, ça ne gêne personne !

 

 

Au vu du parcours scolaires de chacun des membres que j’ai cité, nous savons désormais que le rôle de la BPI est également de caser un certain nombre d’anciens de l’ENA, dont 2 sur 3 sont des ex camarades de promo du Président de la République !

 

 

Les chefs d’entreprises peuvent maintenant dormir sur leurs deux oreilles !

La majorité de gauche qui gère tellement bien l’Etat français depuis 9 mois va maintenant aussi exercer ses nombreux talents dans les investissements privés. N’oubliez pas que ces 42 milliards €, c’est avant tout notre argent qui sera remis entre leurs mains…

Maintenant pour espérer obtenir un financement, un nouvel entrepreneur sera peut-être obligé de lécher les bottes de quelques apparatchiks locaux ou nationaux de la gauche…

 

 

Bref…

Qu’il soit trouvé un nouveau poste à Ségolène Royal ne me gêne pas, mais qu’on lui confie justement celui-ci me fait doucement sourire… Surtout qu’elle sera du coup amenée à rencontrer plus ou moins régulièrement le Chef de l’Etat ; de quoi ravir Valérie Trierweiler…

 

Je conclurai finalement par ça : lors du débat de l’entre-deux tours, face à Nicolas Sarkozy, François Hollande avait introduit son anaphore « Moi Président de la République » par :

« Je veux être un président qui d’abord respecte les Français, qui les considère. (…) »

De toute évidence avec la manière dont est mise en place cette scandaleuse BPI, nous en sommes désormais très loin…

Et sérieusement...

Avons-nous réellement besoin de 2 Vice-Présidents?

Et pourquoi ne pas laisser les politiques faire leur métier et les banquiers le leur?

Et Jean-Paul Huchon, il sera payé ou pas lui pour cette charge supplémentaire?

Et si finalement on avait donné ce poste à Ségolène Royal uniquement pour la faire taire?

 

Segolene-Royal-BPI-jean-paul-Huchon-jean-pierre-jouyet-PS.jpg

Source image: Voici.fr

Tag(s) : #Ce que j'en pense...

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